Le Cloud et l’Écologie on en parle ?

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Chez CloudScreener, que ce soit à titre personnel ou au bureau, on est concernés par l’écologie, la préservation de nos ressources et la protection de la planète. On en parle, on agit, on plaisante, on tourne le sujet en dérision parfois mais quelle que soit notre point de vue et notre degré d’implication cela reste un sujet qui nous tient tous à coeur.

Le cloud ? C’est notre ADN, on le sonde, on le compare, on l’utilise au quotidien à travers nos différents outils, on vit cloud, on pense cloud et si c’était une denrée comestible on mangerait cloud !! 

On entend et on lit beaucoup que le cloud est plus écologique que l’utilisation de ressources “on premise”, certes, mais chez CloudScreener on pense qu’il faut aller encore plus loin.

Du coup nous voyons déjà certains d’entre vous se poser la question : “comment allier une conscience écologique à une utilisation intensive de cette nouvelle technologie”  Impossible de ne pas se sentir concernés par l’impact que cette montée en flèche du cloud dans notre quotidien a sur notre environnement et comment dire… chez nous impossible de s’en passer également.

Alors réelle catastrophe, situation pas si désespérée ou faux problème ? Nous allons tenter de répondre à ces questions.

L’utilisation du cloud connaît une progression fulgurante depuis quelques années. La facilité d’accès, l’utilisation et les coûts optimisés (on ne paie que les ressources que l’on utilise vraiment) font de cette technologie le nouvel eldorado du milieu de IT. 

On estime les dépenses mondiales liées au cloud public à 162 Milliards de Dollars en 2020 contre 67 Milliards de dollars en 2015 (1).  Ces dépenses augmentent 4 à 5 fois plus vite que celles liées à l’IT en général et à ce rythme elles en représenteront 50% en 2021/2022 (2).  

De nouveaux fournisseurs émergent tels que Alibaba (Fournisseur de Cloud Chinois) et d’autres tels que Microsoft Azure ont vu leur nombre de clients presque doubler. En 2017 ils sont passés de 26% à 43% de part de marché (3). La concurrence se fait plus forte face au leader mondial Amazon Web Services.

Le cloud fait partie de notre quotidien et nous en sommes utilisateurs sans parfois même nous en rendre compte ! Nos boîtes mails, nos outils partagés, le stockage de nos photos et de nos vidéos, nos applications mobiles, nos jeux en ligne, la VOD, le stockage des données, l’utilisation des sites internet…etc Tout est devenu tellement rapide, facile, d’accès et d’utilisation alors pourquoi s’en priver ?.

Les fournisseurs doivent faire face à une montée en puissance de la demande et n’ont de cesse d’étoffer leurs offres et d’agrandir le parc de leurs Data centers. La France, le Japon, les pays nordiques…mais quel est l’impact de tous ces changements sur notre environnement ?

 

Le PUE !

Le “Power Usage Effectiveness” est un indicateur de performances énergétiques des data-centers. Il mesure l’énergie totale qui entre dans un data-center et celle qui est consommée à des fins informatiques incluant l’éclairage, la climatisation …etc

                    Energie totale consommée par le centre informatique

PUE =    ———————————————————

                   Energie consommée par les équipements informatiques

Attention, quelle que soit l’énergie entrant dans le data-center et quelle que soit sa source (solaire, hydroélectrique ou autre), elle sera comptabilisée dans le calcul du PUE car elle reste de l’énergie consommée. Il est donc impossible d’avoir un PUE en dessous de 1.

“1” correspondant à un impact neutre sur l’environnement.

Dès 2009 certaines associations environnementales telles que Greenpeace et les médias ont commencé à se poser des questions sur l’ampleur de la consommation d’énergie de ces infrastructures ainsi que leur impact sur notre planète. En 2011 le PUE mesuré se trouvait entre 1,5 et 2 (4).

Mais comment réduire cette surconsommation d’énergie et la rendre plus “Green” ? Tout n’est pas définitivement perdu, bien au contraire, mais comme pour tout ce qui concerne l’environnement, cela demande un changement radical des habitudes aussi bien côté fournisseurs qu’utilisateurs. Avec 3 Milliards d’utilisateurs aujourd’hui et plus de 4 milliards prévus d’ici à la fin de la décennie, la tâche s’annonce ardue (5).

Tout d’abord le choix des énergies utilisées pour le fonctionnement des data-centers est primordial. Aujourd’hui de plus en plus de fournisseurs et de leaders du secteurs s’efforcent de s’orienter vers des énergies 100% renouvelables telles que les énergies hydroélectriques ou les énergies éoliennes.

(5)

Pourtant malgré ça, la consommation d’énergies polluantes, dites “fossiles” reste une pratique courante notamment en Asie de l’Est où le monopole des fournisseurs d’énergie ne laissent pas grand choix aux acteurs du cloud ou de l’internet, mais pas que. Étonnement Netflix est également pointée du doigt par Greenpeace pour se fournir en énergies “sales”.

Alors pointer les gros industriels du doigt soit mais et nous me direz vous ? À notre niveau ne pouvons nous pas aussi être acteurs de ce changement ?  Notre usage du cloud et de l’Internet ne peut il pas être amélioré ou plutôt orienté vers un usage plus “Green” ?

On entend de plus en plus parler du jour de dépassement, jour auquel nous avons consommé toutes les ressources que notre planète peut fournir sur une année.  Nous aurions besoin aujourd’hui de 1,7 fois notre planète pour subvenir à nos besoins.  Chiffre plutôt alarmant mais malgré ça les émissions de CO2 liées à notre consommation d’énergie n’ont pas augmenté depuis 2014 (6) et même s’il est contesté, le calcul de ce jour de dépassement est un bon indicateur de notre surconsommation.

Quelques exemples concrets de pratiques quotidiennes qui peuvent être améliorées

 

Les moteurs de recherche !

9 internautes sur 10 utilisent Google (7) et les requêtes effectuées sur une journée via ce moteur de recherches seraient équivalentes en terme de consommation d’énergie à celle d’un pays comme le Laos (8).

Mais aujourd’hui dès que nous avons besoin d’une information quelle qu’elle soit nous lançons une recherche sans même réfléchir, même nos applications de commandes vocales (SIRI..etc) passent par Google pour apporter leurs réponses à nos questions.

Alors que faire me direz vous? Parce que sans Google on est perdus nous ! Eh bien non ! Des moteurs de recherches alternatifs commencent à apparaître, vous permettant de réduire votre empreinte carbone et de contribuer à des projets à buts écologiques.

Ecosia : https://www.ecosia.org/

Créé en 2009 à Berlin, ce moteur de recherche agit en faveur de la pérennité et la conservation des forêts Ecosia s’engage à planter des arbres à chaque recherche effectuée par les utilisateurs et à limiter ses émissions de CO2.

Lilo : https://www.lilo.org/fr/

Lilo est un moteur de recherche qui a une belle ambition: celle de reverser cette somme générée par chaque utilisateur et chaque année à des projets engagés pour l’homme et la planète.

Ecogine : https://ecogine.org/

Made in France, ce moteur de recherche reverse 10% des revenus générés par la publicité à des associations solidaires choisies par les utilisateurs. Basé sur le moteur de Yahoo France, il s’engage à racheter le CO2 consommé, lors des recherches, par les data-centers, les serveurs et le terminal de l’utilisateur.

 

Nos boîtes mail !

Qui n’a pas de boite mail aujourd’hui ? Sur nos ordinateurs, téléphones, tablettes, elles sont accessibles partout et avec une facilité déconcertante. Mais qu’est ce que le fait de taper quelques phrases et de les envoyer a à voir avec l’impact sur l’environnement ?  Toutes les heures environs 10 milliards d’e-mails sont envoyés dans le monde.

L’énergie consommée par les serveurs et les data-centers pour l’envoi, le stockage de ces e-mails et par dessus tout pour le fonctionnement du réseau internet en général est immense, sans compter celle utilisée par nos différents outils (ordinateurs, téléphones portables…etc).

Les pièces jointes et les spam ne sont également pas en reste puisqu’une pièce jointe de 1Mo reviendrait à consommer 7,5g de fer (métaux lourds utilisés pour la fabrication et la maintenance des devices et des data-centers) et que annuellement l’envoi de spams dans nos boîtes mails consommerait l’équivalent en énergie de 2 millions de foyers américains.

Comme les moteurs de recherches, impossible de se passer de nos boîtes mails qui font aujourd’hui partie de notre quotidien.

Voici donc quelques bonnes pratiques à adopter afin de réduire votre impact écologique :

  • Réduire au maximum le nombre de personnes en copie de vos envois. Posez vous la question de savoir si votre destinataire seul ne suffit pas et si l’information a réellement besoin d’être partagée à tous.
  • Réduire la taille de vos pièces jointes ou préférer des liens hypertextes ou des sites de transfert.
  • Utiliser un anti-spam
  • Vider régulièrement votre corbeille et votre dossier Spam et faite le tri dans vos e-mails car leur stockage requiert énormément d’énergie.

 

Le minage du Bitcoin !

Parlons d’actualité.

Au delà de tout ce que l’on peut entendre ou lire sur les cryptomonnaies, leurs avantages, le danger à les utiliser…etc le minage de Bitcoins est une réelle catastrophe pour notre environnement.

Sans entrer dans les détails car cela pourrait faire l’objet d’un article entier, le système du bitcoin nécessite, en effet, de faire tourner, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, des centaines de milliers d’ordinateurs dans le monde, piloté par un algorithme s’appuyant sur un réseau mondial de serveurs informatiques archivant l’intégralité des transactions réalisées dans cette monnaie virtuelle.

La plus grande part des serveurs, membres de ce réseau mondial, sont situés en Chine qui utilise énormément d’énergies dites “fossiles” comme le charbon qui malheureusement ont une empreinte carbone plus que négative sur notre environnement.

Selon le Digicomist l’énergie dépensée pour le minage du Bitcoin aujourd’hui serait équivalente à celle de quatre centrales nucléaires.

Espérons donc que cet engouement ne soit que passager et notre conseil à nous, d’un point de vue écologique ? Honnêtement ? Ne touchez pas au Bitcoin !

 

Les exemples sont encore nombreux et nous pourrions les décliner à l’infini mais ce n’est pas le but de cet article. 

Éveiller votre conscience écologique aux dangers d’une sur-utilisation et d’une surconsommation du cloud et d’internet ça oui. Ne pas pointer du doigt mais proposer des alternatives faciles à intégrer à notre routine de travail, aussi.

Vous montrer que le changement est en marche et que même si la tâche semble insurmontable, la préservation de notre planète et de notre environnement est aujourd’hui ancrée dans les esprits et n’est pas prête d’être mise de côté.

Nous sommes tous acteurs de ce changement, du fournisseur mondial au simple utilisateur que nous sommes, chacun à la hauteur de ses possibilités et de ses envies. Et aucune, nous le répéterons encore et encore, absolument aucune action ou implication ne sont inutiles.  Car additionnées les unes aux autres elles contribuent à faire évoluer les mentalités, et ça, ça n’a pas de prix.

 

  1. IDC
  2. Deloitte Technology 2017
  3. RightScale
  4. http://www.europe1.fr/les-cles-du-cloud/cloud-et-environnement-liaisons-dangereuses-777763)
  5. https://www.greenpeace.fr/il-est-temps-de-renouveler-internet/
  6. https://www.francetvinfo.fr/meteo/climat/jour-du-depassement-cinq-questions-sur-cette-date-qui-symbolise-notre-consommation-des-ressources-de-la-terre_2310311.html
  7. https://www.journalducm.com/google-monopole-face-a-bing-yahoo-qwant/
  8. https://www.consoglobe.com/recherche-google-combien-c02-3588-cg

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